Dimanche 30 octobre, 16h00.

Après une petite semaine de " vacances ", bien consacrée aux devoirs et révisions, me revoila donc reparti sur le chemin de Paris, enfin sur les rails plutôt. Un TER m'emmène jusqu'à Lyon, sans changement, et à l'heure (!).

Maintenant, je suis de plus en plus étonné de voir des gens qui comme moi, regardent sur leur portable, si leur train est bien à l'heure. Avant je me sentais plutôt seul à faire ce genre de truc, à pianoter mon numéro de train sur mon téléphone pour voir le quai et le retard, si retard il y a (et retard il y a les trois quarts du temps !)

Devant moi, une ménagère de plus de 50 ans, avec sa petite valise, en train de soupirer et raconter à un couple avec leurs 3 enfants: " 1h30 de retard qu'il a le TGV, 1h30! Je sais pas à quelle heure je vais rentrer ! "

Là sur le coup, montée d'adrénaline et dans la tête je me dis, ça va bien être encore pour ma pomme ça.

Me voilà donc, imitant tous les autres, je sors mon téléphone, je tapote mon numéro de train, et surprise: " à l'heure
"

1h30 de retard, ça aurait pu être pour moi, parce que j'ai déjà pris ce TGV, qui m'ammène à Massy, mais...

Aujourd'hui, c'est mon jour de chance, je suis à l'heure !

J'arrive, soulagé à la gare de la Part-Dieu à Lyon, j'en oubliais presque toute la foule qui descendait et les 30 kgs de ma valise pleine à craquer.


Je décide de prendre l'ascenseur avec la dame qui à son train retardé d'une heure et demie, et avant de sortir directement dans le hall, je lui dit " Bon courage ". Retour sur terre, en arrivant dans le hall, dès la sortie d'ascenseur où des ados de 15 ou 16 ans habillés avec des couleurs flash étaient assis devant l'ascenseur en rond, à jouer à un jeu de cartes en poussant des cris de bêtes.

En levant la tête, triste réalité qu'est la gare de la Part-Dieu: toujours archi-remplie de voyageurs, assis sur le peu de bancs qu'il y a, ou par terre de façon anarco-adolescento-joueursdecarto-sectaire, des gens seuls, des gens en famille, en groupe, avec des bagages plus ou moins volumineux, des chiens, des chats dans leurs cages... Un vrai bouillonement d'êtres humains en quête de réponse ferroviaire.

Étant arrivé à 18h16, et mon train prévu à 19h00, je me faufile comme je peux à travers toute cette foule pour aller voir le grand panneau. Ce grand panneau qui semble être le Bon Dieu, où les gens sont tous la tête en l'air, avec la bouche ouverte et (presque) le filet de bave qui coule en attendant de voir le quai de leur train. Je décide de faire pareil, je me poste la, une main dans la poche, l'autre sur la valise, mais sans la tête en l'air et sans le filet de bave qui coule de la bouche ouverte.

Après une petite vingtaine de minutes à attendre, en une fraction de seconde je vois:

TGV   6630    PARIS GARE DE LYON        19h00        D

J'entends un gamin de 8 ou 9 ans crier à sa mère à 50 cm de lui: D Maman! D! D! C'est la voie D qu'il part notre train!
(Pourvu que ce gamin là soit pas proche de moi parce que 2h de voyage avec, ça va finir en eau de boudin)

Je composte mon billet avant d'emprunter l'escalier mécanique.
J'arrive sur le quai.
Je regarde le tableau de composition du train, je suis tout devant...
Je regarde à droite (avec la main sur le front et la jambe droite levée en arrière, comme si je regardais l'horizon): Je suis tout tout devant, au bout du bout du quai.
Chouette.
Après 5 minutes de marche, j'y suis.


Il est 18h50, au bout de 10 minutes, l'annonce du TGV qui entre en gare. Bien

Le TGV arrive, je me prépare pour être dans les premiers à monter, je monte. Je met ma valise dans un porte bagage et m'installe.
Enfin installé.

Il est 19h00, le signal des portes retentit. Personne à côté de moi. C'est mon jour de chance aujourd'hui.

Je m'installe tranquillement, je me mets à mon aise, et regarde par la vitre les quais avec tous ces gens qui patientent.

Je regarde ma montre, 19h05... Hum. Je vérifie mon billet: Départ 19h00.


19h06.
19h07. Hum
19h08. Rooohhhh
19h09. Ben alors!
19h10: Mais qu'est-ce qu'il fou!
19h11: Non mais c'est pas vrai! ... Le train part.

10 minutes après l'heure de départ, le TGV part enfin.

" Mesdames, Messieurs, bonsoir et bienvenu à bord du TGV 6630 à destination de Paris Gare de Lyon ... "

Aucune annonce du retard par le personnel de bord...

Après avoir passé la gare du Creusot-Montceau TGV, le TGV se met à ralentir et s'arrêter. (Un sourire en coin s'esquisse sur mon visage et dans ma tête me dit: c'est une blague là).

5 minutes à l'arrêt.

Nous revoilà partis.

Pas d'annonces du personnel, pas de contrôle de billet.

21h12, 3 minutes avant l'arrivée, un message du contrôleur nous indique l'arrivée du train à son terminus et présente les excuses pour le retard (comme si on ne s'était pas aperçu).

Bilan du voyage: Pour changer ce n'était pas mon jour de chance.
15 minutes de retard.